La "quantification de soi" ne fait pas dans la demi-mesure

Vendredi 10 juin se tenait @lacantine le premier meetup Quantified Self à Paris et en français s’il vous plaît (pour être précis dans la mesure 90% en français et 10% en anglais). Ce mouvement né à San Francisco (avec un club qui compte aujourd’hui 1000 membres) consiste comme son nom l’indique à quantifier un maximum de ses activités. On trouve la plupart des applications/initiatives dans les domaines du sport et de la santé…mais pas seulement (j’en parlerai plus loin).


L’après-midi était organisée et animée par @egadenne, @xtof_fr et @harscoat de Quan#er. En quelques chiffres et pour résumer l’apres-midi : #duréedesdébats:4h / #participants:40 / initiativesmentionnées:20 / #startuppresentées:5

Denis Harscoat a ainsi introduit le sujet en nous rapportant les échanges qui s’étaient tenus la semaine passée à la première conférence Quantified Self  à SF (cf.l’excellent billet de Internet Actu  pour plus de détails). Parmi les exemples marquants, le "quantifiedsex" (pas besoins de définir), le extreme quantified ( rien a voir avec le précédent) illustré par http://memex.mx/ où des personnes ont enregistré plus de 1 million de leurs pensées avec le jour-thème-lieu-interlocuteur, ou encore le entrainment dont l’objet est de générer des ondes particulières avec son cerveau…

Se sont succédées par la suite et dans le désordre, les présentations de:

  • Quantter : J’ai bien aimé le pitch d’intro qui part de l’hypothèse que "nous sommes une boîte noire vis à vis de nous-mêmes". Quantter vous permet ainsi de quantifier tout ce que vous souhaitez de manière très libre: il vous suffit de désigner l’activité en question (jogging, nage, écriture, moonwalk…), choisir votre unité de mesure (minutes, pas,km, …) et donc de la quantitfier. Je vais par exemple quantifier l’activité d’écriture de ce billet de la façon suivante: #blog:1041words. C’est finalement un outil de personal analytics qui peut aider à s’auto-motiver en se fixant un/des objectifs, que l’on peut partager avec la communauté des quantifiers…une autre source de motivation. Une appli est actuellement en test sur IPhone (dommage pour les Androids users dont je fais partie) et par rapport à la version Web elle permet d’ ajouter une couche graphique au partage des données avec une photo liée à son activité…ambition: générer un flux d’activités et devenir l’instagram du personal analytics avec une fonction "cheer" (un bouton en pls avec les like de FB, le RT de Twitter et le "+1" de Googlepour encourager ses amis dans leurs efforts…
  • Mybew : Site de suivi de données personnelles,  pour enregistrer ses activités mais pas nécessairement dans l’atteinte précise d’un objectif défini. L’idée est plus d’enregistrer ses activités,aussi bien celles qui jouent positivement que négativement sur la santé, pour se comparer à la communauté autour des catégories suivantes: sommeil, poids, alcool, tabac,… Plus original, l’annonce du lancement prochain d’une appli mobile Weekmate qui donnera une note agrégée en fonction de son rythme de vie sur des catégories comparables à celles de MyBew, véritable reflet de l’état de forme. Une chose n’était toutefois pas très claire dans mon esprit, l’algorithme qui permettra de donner cette note ne se veut absolument pas scientifique (= sérieux)…dans le cas contraire Weekmate pourrait devenir le Klout de l’état de forme.
  • 42goals : Site qui permet de définir et tracker tous ses objectifs sur un seul et même endroit. L’ergonomie est assez séduisante et présente chaque objectif à la manière de la gestion d’un projet.
  • Le hacking U-Ston : Rajouté au dernier moment par Xtof_fr cette application encore en  beta développée par Comatek fait figure de véritable baromètre du moral d’une équipe, un peu le mappiness de la motivation au boulot. Cette initiative est particulièrement intéressante car elle concerne le quantifiedself en entreprise. L’idée est que les membres d’un projet, d’une direction, ont la possibilité de remonter régulièrement leur état de motivation, moral, etc..ces informations sont transmises de manière anonymisées au manager qui peut ainsi connaître "le moral des troupes" et idéalement adapter son management.
  • BioMouv : Un service en ligne qui propose de vous accompagner dans votre objectif de santé, bien-être ou silhouette en combinant nutrition et activité sportive. Le site est très complet mais à mon sens c’est un peu hors-sujet en ce qui concerne la quantification. C’est finalement une plateforme de e-learning basée sur les caractéristiques de conditions physiques renseignées par les individus.
  • Withings : La société qui propose depuis bientôt 2 ans la balance connectée et depuis peu le tensiomètre à brancher sur un Iphone. Leur mission est de "connecter des objets de la vie quotidienne pour les transformer en objets de flux, et les amplifier". Il y a eu un certain nombre d’échanges sur la privacy associée aux données personnelles ainsi que sur les usages que pouvaient faire chaque individu avec la connaissance de ses données (fiabilité, et nécessité de les re-contextualiser). En bonus, la démonstration du tensiomètre sur le bras de Xtof_fr pour des raisons de confidentialité je ne mentionne pas sa tension ;-)

@xtof_fr en pleine séance de prise de tension #withings #qspa... on Twitpic

Quelques remarques pour conclure:
Une question lancinante qui est revenue régulièrement: "à quoi ca sert ? quel est le but?" Il est trop compliqué de pouvoir y apporter une réponse tellement les usages associés à la quantification personnelle peuvent varier: conserver une trace de ses activités, mesurer ses activités, se comparer aux autres, s’auto-motiver,…le dénominateur commun est sans doute que tout cela permet de mieux se connaitre !
Aussi, et de manière plus transversale, j’ai l’impression que la quantification de soi est une forme de nouvelle religion qui permet aux individus (de tenter) d’obtenir des réponses sur eux-mêmes en étudiant les impacts d’une activité sur une autre. C’est finalement une démarche assez scientifique qui peut permettre de trouver des explications (ou des embryons) là où on en trouvait pas, ou alors où l’on croyait (encore) au hasard.

A l’issue de cette conférence, je m’interroge toujours sur la limite que pose le caractère declaratif des quantifications (je me pose la même pour les activités de check-in dans le domaine de la géolocalisation). Pour un usage purement personnel il y a peu d’intérêt à "s’auto-funter" en quelque sorte, en revanche, puisque l’un des moteurs est aussi la comparaison en lançant des challenges à ses amis, la question se pose. Et encore plus dans une optique de monétisation de ses services et des données associées.

3 réflexions sur “La "quantification de soi" ne fait pas dans la demi-mesure

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